J’ai froid à la vie et à mon grand bleu malade,
Je bois d’un trait l’imaginaire,
Je suis nocturne, diurne, éphémère, nomade de moi-même,
Je me blottis contre les étoiles, sous la lune,
Loin du soleil qui me brûle,
Je n’appartiens à personne,
Je voudrais bien montrer mon âme,
Retenir l’onde contre moi,
Donner des royaumes à rêver
A des marins en fuite.
Que vienne la nuit,
Que vienne la vague,
Qu’elle grandisse
Et s’abatte sur toute chose,
Dans cet absolu de ténèbres
Qui exclue le monde
Et me permet de ne plus exister.
Demain, je retrouverai la lumière
Et mon propre esclavage
Mais, en ce moment, seule
Et sans nul besoin de toi,
Reflet extérieur à moi,
Je crie la vie qui me pèse.
Ce n’est pas l’oubli que je cherche,
Mais cette lueur qui transparaît
Au fond de mon angoisse,
Tout le poids de cet air fictif,
Dans lequel une mer imaginaire
Emerge en bleu voilé
Sur fonds de nuages qui n’en sont pas
Et dans lesquels les astres
Distraitement te contemplent
L’infini,
Que nulle part on ne parvient à fuir.