Bienvenue sur le Magazine BLEU MANA

Le bonheur vient de la mer

lundi 30 novembre 2009

Le Grand Bleu

Fiskmäs


Une mouette suédoise, qui attend son repas.
Cela pourrait être un hareng, si j'en juge par l'odeur que ça dégage !
(là-bas on les appelle fiskmås, elles sont pas trop regardantes sur la nourriture!)

Harengs suédois


Au moment du repas, les Suédois commencent toujours par des harengs :
le hareng du verrier,
du hareng mariné frit,
du hareng mariné maison,
du hareng à la crème aigre,
du hareng fumé
et du hareng saur.

Une curiosité locale est quand les Suédois se délectent, à la fin de l'été, avec les harengs baltiques fermentés (surströmming) et les anguilles du sud. Le hareng baltique fermenté relève d'un ancien procédé de conservation du poissons. Il s'agit d'un hareng ordinaire de la Baltique, qui est salé, puis mis à vieillir et conditionné dans des boîtes de conserve. A l'ouverture des boîtes, une odeur très particulière se dégage. Pour certains, c'est un vrai délice, pour ceux qui ont un odorat délicat, cela peut surprendre.

Le hareng se mange accompagné de pommes de terre en forme d'amande, du nord de la Suède, arrosés de bière ou d'aquavit. Toutefois, les "vrais" amateurs affirment que le lait est la boisson par excellence.
L'anguille du sud se consomme sous les formes les plus variées, fumée, grillée, farcie, etc. Si le hareng fermenté a de quoi étonner le nez non aguerri, l'anguille, qui est un poisson très gras demande un estomac bien solide. L'eau de vie n'est donc pas superflue pour faciliter la digestion.

Pour donner quelques petites informations sur le hareng:
Il existe plusieurs espèces de hareng,sa qualité varie suivant les endroits et les années; elle dépend aussi du fraie. Même sa taille dépend dans une grande mesure de la salinité et de la température de l'eau dans laquelle il nage. Le hareng islandais de haute mer (dont la Suède est le principal importateur) est toujours plus gros que le hareng pêché dans les eaux norvégiennes, et le hareng norvégien à son tour est plus gros que le hareng de la Baltique que les Suédois appellent strömmig, sauf quand il est salé auquel cas ils l 'appellent böckling. Ils appellent tout le reste sill. La plupart du temps, le sill est du hareng salé qui doit être mis à tremper dans de l'eau, avant d'être consommé, pour en éliminer la saumure.

A la variété naturelle du hareng, les cuisiniers suédois ajoutent une maîtrise qui augmente encore la diversité de ce poisson plutôt gras. Ils le préparent en filets, en tranches, en petits morceaux. Ils le font mariner, le font confire dans le vinaigre. Ils le servent en gelée, frit, en couches superposées dans des terrines en terre, cuit à la vapeur, cuit au four, enroulé comme un ressort de montre sur des morceaux de glace. Ils lui font subir des centaines de modifications, qui piquent la langue et font venir l'eau à la bouche, par des combinaisons variables de vinaigre blanc et de vinaigre rouge, de sel et de sucre, de poivre blanc et de poivre noir, de moutarde en poudre, de gingembre, de raifort, de graines de moutarde écrasées et de piment. Et ils parviennent toujours à le rendre décoratif, en le servant avec des rondelles d'oignons rouges et jaunes, du persil et de la ciboulette hachés, des feuilles entières de laurier vert vif, des oeufs durs coupés en petits morceaux, des sillons de crème aigre, des cubes écarlates de betteraves et des rondelles translucides de concombre.

Smörrebrod scandinave


Le smörgäsbord suédois, c'est une multitude de petits plats de harengs, de boulettes de viande, de saucisses grillées, d'omelettes ou d'œufs brouillés, coiffés d'œufs de saumon et de salades diverses. Salade de pommes de terre tièdes. Salade de crevettes roses décortiquées, assaisonnées d'huile d'olive, de sel, de poivre, de citron sur laitue romaine. Salade aux deux pommes (de terre et fruit) et filets de harengs fumés, feuilles d'aneth et olives noires. Si les Scandinaves l'adorent, le hareng ne plaît pas à tout le monde, malgré ses nombreuses déclinaisons : fumé sauce raifort, au cari, à la tomate, à la moutarde, à l'oignon. On accompagne le tout de fromages et biscottes (ce que les Suédois appellent des knäckebrod).

Le smörrebrod est fait de sandwichs ouverts, joliment garnis de charcuterie, de fromage ou de poisson et décorés avec goût. On peut composer sur une tranche de pain blanc, de seigle ou noir, de vraies petites merveilles.

* Saumon fumé et asperges vertes assaisonnés de poivre noir et garnis d'une tranche de citron sur pain blanc.
* Tranche de mortadelle, avec macédoine de légumes mayonnaise sur pain blanc.
* Tranches de rôti de porc sur pain noir avec chou rouge cuit, cornichons aigre-doux et pruneaux.
* Crevettes cuites sur lit de mayonnaise, oeuf dur, aneth et citron sur pain blanc.
* Pâté de foie, avec gelée de petits fruits et cornichons au vinaigre.
* Oeufs brouillés, avec lamelles de saumon fumé et deux ou trois brins de ciboulette.
* Fromage corsé tranché, orné de grains de raisin et d'une cuillerée de miel.
* Le « repas du lion » désigne un tartare aux câpres, oignons, betteraves rouges, raifort et jaune d'oeuf cru.

Quant à la boisson, vodka,aquavit ou bière, une tradition qui remonte aux Vikings. Mais on peut préférer le thé et l'eau minérale. Pour le dessert, gâteau au fromage blanc et feuilletés aux fruits rouges ou aux pommes. Si vous êtes très habile, l'omelette norvégienne flambée au moment de servir terminera la fête dans un feu d'artifice.

Un exemple:
Pour 6 personnes :
# 9 tranches de pain de mie complet
# 6 tranches de pain de mie blanc
# 200 g de crevettes cuites décortiquées
# 6 tranches de rosbif froid
# 3 grandes tranches de saumon fumé
# 3 oeufs
# 12 tranches d'Emmental
# 12 lamelles de Brie
# une laitue
# un poivron rouge ou jaune
# 20 cl de crème fraîche
# un petit pot de mayonnaise
# un kiwi
# un citron, une mandarine
# une botte de persil
# sel et poivre

Préparation : 30 mn
1.Couper les tranches de pain dans la diagonale pour former des triangles.
2.Emincer le poivron en lamelles courtes et fines. Laver et essorer la laitue. Eplucher la mandarine et détacher les quartiers. Eplucher le kiwi, le découper en tranches fines. Couper le citron en tranche fines puis en 1/2 ou 1/4 de tranches.
3.Smörrebrod au saumon : préparer des oeufs brouillés avec les 3 oeufs et la crème fraîche, saler et poivrer. Sur une tranche de pain complet, poser une cuillère d'oeufs brouillés, puis 1/2 tranche de saumon fumé. Décorer avec une tranche de citron.
4.Smörrebord aux crevettes : sur une tranche de pain de mie blanc, étaler généreusement une cuillère de mayonnaise. Disposer des crevettes dessus. Décorer avec une lamelle de poivron.
5.Smörrebrod au rosbif : sur une tranche de pain de mie complet, poser une petite feuille de laitue puis une tranche de rosbif. Décorer avec un brin de persil.
6.Smörrebord au fromage : sur une tranche de pain de mie (complet pour l'Emmental, blanc pour le Brie), poser une petite feuille de laitue puis 2 lamelles de fromage.
Décorer avec un quartier de mandarine ou une petite tranche de kiwi.

Pour finir... Les quantités sont à volonté, compter environ 3 sandwiches pour une
entrée, 5 ou 6 pour un plat de résistance. Vous pouvez aussi faire des smörrebrod avec du jambon, du saucisson, d'autres fromages... Ne zappez pas les éléments de décoration, c'est le plus important !

dimanche 29 novembre 2009

Personnalités diverses


J’ai délimité mes personnalités avec des petits noms.
Je suis effarée de voir comment, en quelques minutes, je peux passer de Gully rieuse à Gully mythique, en négligeant d'autres noms aux consonnances rudes.
Certains de ces noms s'appliquent à ma petite personne, d'autres moins. Bien évidemment, je ne te dirai pas lesquels. Je brouille volontairement les pistes.

samedi 28 novembre 2009

Parfum


Je te choure ta glace au passage,
mais tu aurais quand même pu
me demander mon avis,
pour le choix du parfum !

Question nocturne


Après quelques recherches, je crois pouvoir répondre à une question que m'a posée GULLY, la nuit dernière : quelle est la différence entre un albatros, une mouette et un goéland!

L'albatros :
L'albatros a un long bec crochu, à narines très développées et des doigts palmés. Le jeune albatros est de couleur brune, mais, adulte, il devient entièrement blanc, à l'exception des premières plumes de ses ailes qui sont noires. L'albatros habite les océans au sud du tropique du Capricorne, ainsi que dans le Pacifique Nord. C'est le plus grand de tous les oiseaux de mer.

La mouette :
La mouette rieuse est un petit palmipède, dont la longueur totale ne dépasse guère 36 cm. Son cou est court, son plumage blanc, gris clair et noir, sa tète brune en été, blanche en hiver. Son allure est légère. Elle vole, pratiquement sans interruption et nage avec une grande habileté. Contrairement à d'autres oiseaux de mer, la mouette ne plonge pas. Elles vivent dans le monde entier.

Le goéland :
Le goéland est un terme générique désignant de nombreuses espèces d'oiseaux marins de la famille des laridés, comprenant les mouettes. Ils sont assez proches des sternes et un peu moins des pingouins. Les goélands sont presque tous côtiers ou insulaires, s'aventurant rarement en haute mer. Sur les côtes européennes, l'espèce la plus commune est le goéland argenté .

Donc l'albatros c'est très grand et la mouette est un goéland. Enfin je crois, oh et puis tu m'embêtes, GULLY, avec tes questions à 2 heures du matin...

Enfants de Beni-Saf


Nous les descendants "d'Albatros" échoués près du port, nous rêvions à une patrie d'équité, où les albatros, passagers piégés par les miroirs illusoires, et les mouettes natives du nouveau pays, s'ébattraient sans discrimination et sans marins méchants pour les fracasser en leur manquant de respect !

Nous rêvions, en écoutant ce poignant poème de l'oiseau malmené par les gens d'équipage, par la dureté de sa rencontre avec le pont de la Vie en terre étrangère et par mille mémoires d'ailleurs, perdues au profit de mémoires coloniales mêlées aux mémoires ancestrales des natifs d'Algérie.
Pourtant, nous versions des larmes de gamins de quatorze à quinze ans, en écoutant le Professeur de Français nous faire vivre, en classe de quatrième de l'année 50, la souffrance de l'Albatros.

En le récitant ensuite, sans crainte de la note qui serait mise à notre prestation sur l'estrade, les plus poètes d'entre nous s'envolaient avec l'Albatros blanc ou chutaient empêtrés dans ses ailes de géant, qui sont aussi celles des imaginations juvéniles desservies par le rude apprentissage de la réalité.

Nous étions des enfants épris de Liberté et ramant pour maintenir à flot le navire des armoiries de Beni-Saf ! Celui-là même que nos ancêtres, Pieds-noirs et Indigènes, avaient construit ensemble, planche à planche, pour échapper à Circé, la magicienne odysséenne du mirage des pays colonisateurs qui transforme en rien les âmes les plus pures !

Nous, les enfants ados, devenions à certaines heures des Albatros, amoureux de l'espace, et à d'autres, des mouettes fidèles au pays, qui depuis longtemps était le nôtre : l'Algérie lumineuse et fière.
Mais le plus souvent, nous, enfants de Beni-Saf, nous nous ébattions heureux de vivre, en cette année 50, sans penser une minute qu'Albatros et Mouettes perdraient bientôt des plumes, dans des combats fratricides tramés à leur insu par les erreurs de leurs aînés et par celles des Officiers des deux bords de la Galère. Sans penser une seule seconde que l'Orage qui grondait depuis les années 45, contenant ses foudres sous l'écume des vagues, verserait bientôt le sang et la haine sur le pont du navire vétuste prêt à couler !

Nous, Pieds-Noirs et "Indigènes" (je hais ce mot), nous vivions encore insouciants, les yeux remplis d'avenir, sans imaginer qu'un jour, certains d'entre nous s'envoleraient vers l'exil ou la mort, tandis que d'autres deviendraient à leur tour les marins engagés du nouveau navire El Djezaïr, riant à la fois à la vue des albatros décalés, traînant derrière eux leurs ailes de géant fourvoyés et à celle des mouettes trop vieilles et donc affolées par le changement, perdant le sens de l'orientation de leur équipée à venir ! C'était en 62 : moi, j'étais partie depuis deux ans, d'autres étaient restés ! Certains n'étaient plus que des ombres lamentables, planant sans un cri au-dessus des lieux d'assasinats.

Comme je ne sais si vous comprenez cette étrange rêverie d'un lundi particulier, faite juste avant l'aube en Algérie, sous les tirs de mortiers de la terrasse de l'immeuble des Enseignants, le 27 Août 56, voici le poème que nous avions, en 1950, eu bonheur et larmes à réciter sur nos bancs de collège !

Poème prophétique s'il en est, alors que nous étions encore innocents et déjà tiraillés par l'ombre menaçante du Futur, nous Pieds-noirs et eux Indigènes de Beni-Saf, frères de lait, aux appellations discrimibatoires et irrespectueuses, mais aux passions communes et fraternelles.

L'albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles Baudelaire

(Les fleurs du Mal)

Ainsi meurent les albatros


Par Region Ecologie (RE)

Ces photos de cadavres d’albatros, dont l’estomac était rempli de déchets plastiques - nous dit leur auteur Chris Jordan - ont été prises sur les plages de Midway, au cœur du Pacifique. M. Jordan précise qu’aucun débris n’a été déplacé lors de ces clichés, et bien que nous n’ayons aucun moyen de vérifier cette assertion, elle nous a semblé crédible.

Ces goélettes des mers du Sud font évidemment partie du bestiaire intime de chacun, prolongeant les légendes anciennes, au travers desquelles l’homme a construit et dégagé peu à peu sa relation au monde. Nous autres, modernes, nous estimons bien sûr indemnes de ces révérences et rituels primitifs, considérés comme autant d’irrationnelles offrandes propriatoires, censées calmer les inquiétudes devant un monde indéchiffrable, et nous nous en réjouissons.

Pourtant, à l’évidence, ces images rappellent l’urgence de ce questionnement trop vite jugé dépourvu de sens. Quel est notre rapport au monde animal, c’est-à-dire à la VIE ? Aujourd’hui, notre liberté de pensée, si chèrement acquise, risque de s’anesthésier si elle se contente - comme l’entertainment qui a remplacé la culture nous y invite - d’une mise en abîme esthétique, fût-elle morbide, de notre place dans le monde, comme d’aucuns pourraient être tentés de le faire à la vue de ces images. Nous pouvons, nous pourrions, mais nous allons devoir choisir.

photographie de Chris Jordan, octobre 2009

Grippe A



Je fuis la grippe A, je m'envole
vers la Belgique...Je vais me soigner
à grand renfort de frites-mayonnaise!

Yeha Noha

Sacred spirit


On your shore


The river sings

jeudi 26 novembre 2009

Pluie



http://www.facebook.com/inbox/readmessage.php?t=1156024061472#/video/video.php?v=184554679527&ref=share


Quand les mains deviennent orchestre...
La chanson des gouttes dans les feuilles, les premières gouttes qui dessinent des ronds parfaits dans l'eau, puis le crépitement de la pluie sur la surface de la terre. L'air est alors baigné d'une lumière irréelle, qui argente les bulles et magnifie les feuilles des arbres. C'est le jardin de toutes les eaux, celle dormante du bassin, celle plus rapide du ruisseau, et celle distillée en goutte à goutte qui déboule en chute libre derrière les nuages. L'oeil de la grenouille m'interroge sous la feuille.

Antarctique


Jusqu’à présent le réchauffement global planétaire épargnait la zone du Pole-sud et son immense continent Antarctique. Alors que le Pole-nord enregistrait des hausses de température très largement supérieures à la moyenne mondiale, avec pour conséquence des importantes pertes de glace pour la banquise arctique et pour le Groënland, les glaces antarctiques ne subissaient pas le même sort.
Une étude (1), publiée le 22 novembre 2009, dans la revue Nature Geoscience, révèle que la partie Ouest du continent Antarctique est entrée depuis peu dans un processus de fonte. D’après les chercheurs, la perte de glace cumulée du continent se situe, depuis avril 2002, entre 113 et 267 gigatonnes. La partie Ouest représente à elle seule une perte comprise entre 106 et 158 gigatonnes.

Les quantités d’eau gelée terrestre du continent Antarctique sont dix fois supérieures à celles du Groënland. Ainsi, si la fonte de l’ensemble des glaces du Groenland entraînerait une augmentation d’environ 7 mètres du niveau des mers, celle de la calotte antarctique correspondrait à une élévation d’environ 70 mètres.

Les résultats de ces travaux restent quand même à confirmer. Ils n’ont été obtenus que via une seule source d’information, celle des observations par satellite du programme GRACE (2) et leur niveau d’incertitude est élevé.

http://www.youtube.com/watch?v=Wy6rtJKNK04

mardi 24 novembre 2009

Rafale


J'ai eu peur, quand ils ont parlé
d'interdiction de survol...

Q.I.


Le bec d’une mouette semble
plus grand que son cerveau.
Là, on mesure notre Q.I.,
on apprend à se connaître!

Bibi, quartier de mon enfance


En ce temps-là, pas besoin de “descendre” en ville, à moins que ce ne fut pour rejoindre les copains à la plage ou acheter une fourniture scolaire, décidément introuvable dans le coin. A Bibi, le spectacle était continu et partout! Nous vivions en pleine nature et libres comme l’air, c’était un peu l’école de la vie pour nous, les jeunes.

Bibi, c’était ce quartier-là, précisément - situé entre la rue d'Espagne, Beaurivage et Hélianthe. Un quartier d’une vivacité extraordinaire, avec ses traditions et son language, ses parties de jeux mémorables. Dès la sortie de l’école, on coupait à travers le passage des Pyrénées et on courait s’acheter des bonbons chez l’épicier du coin. On jouait aux “caniques” sur le bord du trottoir ou à la pelote à main nue contre le mur d’une maison amie. On laissait traîner nos cartables un peu n’importe où dans la rue. Qui aurait pensé dérober notre attirail ?…

Les enfants de Bibi fréquentaient l’école Paul-Bert. Même ceux qui habitaient très loin, à Beaurivage, venaient à l’école à pied, puisqu’il n’y avait pas de car scolaire. A la fin de l’été, les familles se retrouvaient pour aller cueillir des mûres dans les parcs voisins. C'était l'époque des confitures, ce moment festif permettait aux gens du quartier de se rencontrer et de faire connaissance. On sortait les tables devant la porte pour déguster un repas entre voisins, on cuisinait la morue façon “bakalau pilpil”, le “ttorro”, soupe de poissons divers, et la piperade aux piments et à l’ail. On terminait le repas avec du fromage de brebis, l’ardi gasna, qui avait été pressé à la main et salé en surface. Le quartier embaumait la bonne cuisine et les épices.
A l’époque, on cohabitait au mieux entre gens venus d’un peu partout, d’Espagne, du Portugal, et même du Nord, comme c’était le cas pour moi. C’est ainsi que j’ai commencé à faire mes premiers pas vers la socialisation et la fraternité, tout en apprenant à garder mes distances.

L’une de mes institutrices souhaitait que je rentre dans la troupe des Oldarra. J’étais très remuante et j’adorais être applaudie, lorsque je chantais ou que je dansais en public. J’avais déjà un tempérament de star, Maman me surveillait depuis la fenêtre de la cuisine et me rappellait à l’ordre bien souvent. Après quoi, naturellement, apparaissait la fameuse crise de larmes incontrôlée, un peu de provocation. Je m’enfermais dans ma chambre à l’étage et je m’allongeais sous la couette, en disant adieu à ce public dont j’avais tant rêvé. Sans toutefois renoncer à mes rêveries qui abritaient cette inspiration, nimbée de fantastique et toujours prête à jaillir, qui me pousse à écrire.

On ne peut pas parler du pays Basque, sans évoquer les danses, la musique et la fête.
Les fêtes basques sont avant tout des moments de rencontre, de partage, et l’expression d’une identité, celle du peuple basque. L’occasion, pour un quartier ou un village, de se retrouver et de faire vivre un éblouissant patrimoine de danses et de chants. Le chant basque est parfois une chanson plaintive des vieux temps, qui se transmet encore au fond des campagnes perdues, dans la brume et l’isolement. L’essentiel, c’est cette conviction qui dépasse véritablement les montagnes et se détache des pics alentour. C’est là que sont la beauté et le mystère d’un peuple qui attend sa renaissance.

Texte à méditer:
Norat joan jakiteko, nundik jin jakin behar
Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient.

lundi 23 novembre 2009

Fusion


Les vagues
riment avec le soupir
et l’étoile
avec le grillon.

Frissonne sur la cornée
tout le ciel froid,
et le point est une synthèse
de l’infini.

Mais qui unit les vagues
aux soupirs
et les étoiles
aux grillons ?

Attendez que les génies
aient un moment d’oubli :
les clés flottent
parmi nous.

Volants


Il pleut sur la Côte
Ce n’est pas la pluie
Mais
Les poissons volants
Qui sautent
Hors de l'eau
Et filent à des années-lumière

Déferlantes

METEO. Alertée par la direction interrégionale de Météo-France, la préfecture de l’Aquitaine a émis un avis de très fortes vagues sur le littoral, valable de cette après-midi 16 heures à demain lundi 14 heures.

La côte girondine et le littoral basque sont plus particulièrement concernés. Des vagues atteignant 6 à 7 mètres vont entrer dans le golfe de Gascogne et se traduire par des déferlantes sur le rivage. Une surcôte d'environ 15 cm est prévue à la pleine mer, les coefficients de marée étant de 56 ce matin et 52 ce soir. Elle engendrera une élévation temporaire du niveau de la mer qui pourra submerger certaines parties du littoral.

Cette situation est due à une dépression de 950 hPa, actuellement à l'ouest de l'Irlande, qui dirige un flux dépressionnaire de sud-ouest sur le littoral atlantique avec passage perturbé actif aujourd'hui. Elle provoque une grande houle d'ouest-nord-ouest.
Une forte houle est ainsi prévue sur l'ensemble du littoral côtier des Charentes à la Côte basque, avec une amélioration attendue en deuxième partie de la nuit prochaine.
Les vagues pourront atteindre entre 6 et 8 m au large, avec de fortes vagues déferlant sur le littoral et une élévation temporaire du niveau de la mer pouvant submerger certaines parties du littoral, conclut le communiqué.

Sud-Ouest.com

dimanche 22 novembre 2009

Larmes




Le printemps passe
Les oiseaux crient
Les yeux des poissons
portent des larmes


samedi 21 novembre 2009

Facebook


Facebook, tout le monde en parle.
C’est méga chronophage et ça sert à rien…
Mais c’est comme tout ce qui vient de l'homme,
une fois qu’on a goûté, on est perdu!

vendredi 20 novembre 2009

Le chemin des sirènes

Ce texte est une ébauche à compléter, qui débute aujourd’hui. Je parlerai des sources connues ou des mythes qui englobent les personnages issus du monde aquatique : nymphes, naïades, ondines et autres. Je commence cette série par un personnage que j’ai déjà abordé dans mon blog et sur lequel j’espère écrire un texte plus romanesque, intitulé ” Mamy Wata fe mo “, le chemin des sirènes.
La Sirène, figure fantastique présente dans plusieurs traditions, est parfois représentée comme un personnage malfaisant. Son nom serait probablement une des multiples déclinaisons dérivée du sanscrit “Chimère”, tout comme le verbe japonais “Shimeru” signifiant “envelopper” ou le néologisme anglais “Shemale”, qualifiant des êtres androgynes. Fantastique, parce que son existence n’a pas été démontrée, mais seulement décrite et reportée à travers des légendes ou des fictions.

Les sirènesLa première mention des sirènes dans la littérature se retrouve chez Homère, dans un des plus fameux passages du récit de l’Odyssée. Ulysse raconte comment il s’est fait attacher au grand mât de son navire pour écouter leur chant, pendant que ses compagnons ramaient, après s’être bouché les oreilles avec de la cire. Une manière comme une autre de résister à la tentation! Il faut cependant noter que, dans son texte, Homère ne fait aucune allusion aux sirènes ni aux femmes-oiseaux, le texte laisse même suggérer qu’il pense à des humaines se tenant au bord de la mer pour séduire les marins. Les Romains confirment d’ailleurs cette thèse et racontent que les sirènes auraient été à l’origine des courtisanes, les suivantes de Proserpine, chargées de veiller sur la jeune fille. Celle-ci était d’une grande beauté et élevée au secret en Sicile. Alors qu’elle était occupée à cueillir des fleurs, elle fut enlevée à sa mère, Cérès, qui, pour punir les courtisanes de leur négligence, les aurait transformées en être moitié-femmes moitié oiseaux, condamnéees à chanter au-dessus des mers pour attirer les navigateurs et les faire se noyer.

Dans l’ensemble, les légendes sont unanimes et prétendent que les sirènes sont des êtres moitié-femme-moitié poisson, tenues par l’appel de l’Océan. Elles pourraient être immortelles. Après avoir passé les deux premiers siècles de leur vie à s’ébattre joyeusement dans les vagues, elles finissent par s’ennuyer et recherchent l’amour d’un humain, peut-être pour acquérir le bonheur et une âme éternelle. Pour celà, elles doivent épouser cet humain et bien mal leur en prend, car les princes ne sont pas toujours charmants dans la réalité …

http://www.youtube.com/watch?v=sc2T5tGAtJY&feature=related

Nixes et ondines

Les Kelpie, dans l’ancienne Ecosse, étaient connues en tant que monstre marin, comme le monstre du Loch Ness. Pourtant le peintre Herbert-James Draper représente le Kelpie sous les traits d’une jolie femme… Peut-être cherche-t’il à faire remarquer que la nudité des femmes bouscule les traditions chrétiennes de l’époque.

kelpie.1217144414.jpg

La plupart des histoires de sirènes semblent mettre en évidence un conflit survenant entre les gens de la mer et les terriens. Ainsi, dans les îles Faroe – situées à mi-chemin entre l’Ecosse et l’Islande – on raconte que les chants de sirènes peuvent mener à la folie.

fair.1217169778.jpg

Il est recommandé de se boucher les oreilles, dès qu’on entend leur voix, comme dans les légendes de la Grèce antique. Les pêcheurs des îles Feroe racontent que les sirènes ont le pouvoir de provoquer une tempête, une explication comme une autre aux perturbations atmosphériques, empêchant toute sortie en mer.

aqua.1217144354.jpg

De nombreuses légendes, plus ou moins hostiles, courent à leur sujet. Toujours aux îles Feroe, les habitants prétendaient apercevoir une sirène qui longeait les côtes. Elle restait là durant des heures, à peigner ses longs cheveux, en tenant un poisson dans la main droite. On la soupçonnait de vouloir nuire aux marins, en endommageant lignes et appâts, lorsqu’elle se rapprochait trop près des côtes.

fee.1217144388.jpg

Le tableau de Herbert Draper (1864-1920), nommé « La sirène », est catalogué comme représentant une sirène, bien qu’il s’agisse à l’évidence d’une femme ordinaire. La question soulevée étant de connaître les raisons qui peuvent bien pousser une femme normale à nager dans la mer ? Des incidents de ce genre sont survenus dans le passé, à une époque où des plongeuses furent capturées dans des filets de pêche. L’hostilité engendrée par les histoires de femmes-poissons peut être une des raisons qui amenaient à peindre ce genre de tableaux, à l’époque.

seamaid.1217144479.jpg

D’autres légendes de Bretagne et du Pays de Galles attestent des conflits survenant entre les gens de la mer et ceux qui vivaient sur terre. On nous raconte l’histoire de cités qui auraient été englouties sous la mer. La version bretonne nous mentionne qu’une des cités en question était bâtie sur une terre qui était menacée par la mer. Le roi Grallon gouvernait ce royaume, mais il avait une fille, Dahut, qui joua un vilain rôle dans l’histoire. Pour une raison inconnue, elle vola les clefs des digues et ouvrit les portes, permettant ainsi aux flots de s’engouffrer. Tous les habitants furent noyés, excepté le roi et un prêtre, qui mit le roi en sûreté. La mer emporta aussi Dahut, mais la transforma en sirène, au lieu de la noyer. Elle fit alors ce que la plupart des sirènes font, elle se mit à attirer les marins à elle, en peignant sa longue chevelure soyeuse et en chantant de sa voix magique.

maid.1217155899.jpg

Il y eut, en Scandinavie, des cas de conflits, qui apparurent dans le monde des tritons. Près de Bergen, en Norvège, un triton aurait été capturé et présenté au roi Hiorleif pour chanter devant la cour, malheureusement sa voix était loin d’être harmonieuse. Pour le punir, on l’enferma dans un tonneau rempli d’eau, où il mourut.

tri.1217156383.jpg

Au Danemark, on raconte l’histoire d’un triton, capturé par deux membres du conseil. Celui-ci les menaça de couler leur navire, s’ils ne le relâchaient pas sur le champ.

Aux Hébrides (Ecosse), existe une légende des hommes bleus de Minch, des tritons soupçonnés d’attaquer les navires. Ce dernier fait suggère qu’il existait des différents graves entre les pêcheurs et les terriens.

swim.1217156365.jpg

On fait aussi mention d’histoires similaires dans les pays germains. De nombreuses sirènes existaient dans la mythologie allemande, pour la plupart des sirènes d’eau douce, vivant dans les marécages, avant l’aménagement de digues permettant de drainer les eaux. On leur donnait le nom de sirène, Mélusine (sirène à double queue), Nix (mâle) ou Nixe (femelle). Les Nix et Nixes avaient une mauvaise réputation, celle de faire des sacrifices humains. Pour les étrangers, les marais pouvaient se révéler dangereux, les entraînant dans les sables mouvants ou les eaux troubles. La faute en revenait forcément aux sirènes et aux tritons et à leurs chants séducteurs, qui attiraient le commun des mortels dans les eaux du Rhin.

kiss.1217156939.jpg

Les sirènes et autres personnages marins furent longtemps protégés des dangers de la vie courante, jusqu’au drainage des marais. Les nixes désignaient une certaine forme d’elfe, elles ressemblaient à des femmes normales. On les appelait Lorelei, sur les bords du Rhin. Elles vécurent en paix, jusqu’au moment où survinrent des conflits avec les terriens, pour des histoires de revendication de terrain.

La Nixe est une forme d’Ondine particulièrement maléfique car elle prend l’apparence fatale d’une femme merveilleuse bien réelle, qui vient séduire les jeunes gens, lors des bals nocturnes.
On reconnaît la Nixe au bas de sa robe qui demeure mouillé. Mais le garçon enchanté n’a souvent pas l’idée d’en tâter l’ourlet et se retrouve vite pris au piège des eaux, où elle l’entraîne jusqu’à la mort.

sir.1217157000.jpg

Dans toute l’Europe, on raconte un peu n’importe quoi sur les sirènes et leur longévité. L’église est un peu responsable de toutes ces légendes, préférant parler de sirènes, plutôt que de femmes s’adonnant aux plaisirs de la mer et à ses dérivés.

Les colonies de femmes-poissons menèrent un temps une vie différente plus ou moins paisible, le long des côtes et du littoral, jusqu’au jour où leur mode de vie matriarchal se trouva inévitablement confronté au mode patriarchal de la société des riverains. Avec les conséquences qu’on peut en déduire…
Toutes ces légendes et contes de sirènes font partie d’un chapitre longtemps tenu secret de l’histoire magique du monde féminin.

moon.1217155975.jpg

Oiseaux du ciel


On ne pollue pas la mer
Qui nourrit les sirènes
Et tous les êtres d'eau,
Féerie d'un monde légendaire.
Sans oublier les mouettes,
Divinités du ciel...

Le fond de l'Océan

J’éveillerai de toi mille étoiles d’argile
Ma nymphe aux yeux d’océan
Ma nymphe aux yeux de plein ciel
Tu naîtras de la mer des nuages
Au lever du soleil rouge et or
Par-delà les nuées d’harmonies
Par-delà le miroir glauque de mes regards
Et je verrai la féerie
Danser dans tes cheveux mêlés
Et dans tes yeux étranges

ab.1214567342.jpg

Et tu t’élèveras mon étoile-émeraude
Tu seras le soupir des glissantes épaves
Comme les algues vertes
Que la mer abandonne
Expirante, exténuée d’amour
Et tu me souriras, telle un reflet dans l’eau
Telle une fée des ondes
Telle la mort au fond de l’océan
Et je mourrai de t’avoir embrassée
Ma sirène au chant constellé

Féerie des eaux

Cette image est tirée d’un livre d’illustrations de l’époque Victorienne, et elle semble avoir dépassé les censures de l’époque. On y voit un corps de femme nue, qu’on fait passer pour une sirène. On peut observer qu’elle a des jambes et que sa queue de sirène ne paraît pas reliée à son corps.

cr.1216975544.jpg

On pense que les marins ont confondu les lamantins (manatee) avec les sirènes. Des explorateurs renommés, comme Christophe Colomb et Henry Hudson, ont fait la même erreur.

Extrait du journal de bord de Christophe Colomb, 9 janvier 1493 :
« La veille, lorsque l’amiral s’était rendu à Rio del oro, il dit avoir vu trois sirènes qui s’ébattaient dans les flots, mais dont le physique n’était pas aussi joli que sur les gravures. Leur visage ressemblait davantage à un visage masculin. Il pensait avoir aperçu les mêmes en Guinée, sur la côte de Managueta. »

e.1216977949.jpg

Extrait du journal de bord de Henry Hudson, 15 juin 1608, près des îles Novaya Zemlya, côte nord de la Russie :
« Ce matin, l’un des marins qui regardait par dessus bord, nous dit qu’il voyait une sirène, nageant le long du bâteau. Il put l’observer, avec ses compagnons. Peu après, une tempête l’emporta au large. Son torse et son dos étaient ceux d’une femme, son corps aussi grand que le nôtre. Sa peau était pâle et sa chevelure très longue. Ils remarquèrent sa queue de sirène, qui ressemblait à celle d’un poisson. »

cw.1216975745.jpg

Il n’y a aucune explication au mythe des sirènes. Pourtant, on parle d’elles partout en Europe. En Irlande, on leur donne le nom de Merrow ou Murirruhgach, en Cornouailles, le nom de Merrymaid, aux îles Shetland on les surnomme Sea-Trow, et les Allemands du bord du Rhin leur ont donné le nom de Meerfrau ou Lorelei. Les Scandinaves les surnomment Navmand, les Russes Rusalka, et les islandais Marmennill.

cb.1216976691.jpg

Au 19ème siècle, Hans Christian Andersen va nous livrer le conte de « La Petite Sirène », reprenant le thème de la femme-poisson magnifique et romantique, amoureuse d’un humain. Le sculpteur Edvard Eriksen en a tiré une statue en 1913, celle de la petite sirène, qui garde l’entrée du port de Copenhague, triste et solitaire sur son rocher, à attendre l’amour dans son éternité de pierre.

cx.1216975800.jpg

On raconte aussi qu’il existerait des sirènes à deux queues. On prétend que Mélusine aurait eu deux queues, ou plutôt deux jambes, confondues avec des queues. Cela pourrait aussi coïncider avec le message caché dans la statue de la Petite Sirène, qui est représentée avec une sorte de queue de poisson au bout de ses jambes.

Les légendes de sirènes remontent à l’époque gréco-romaine, où les anciens leur donnaient le nom de nymphes des mers ou sirènes. Nymphe signifiant seulement jeune femme, en Grec.

bz.1216975339.jpg

Contrairement aux sirènes gréco-romaines, les Nixes sont des être sub-aquatiques, qui vivent et respirent au fond de l’océan. Les Nixes, issues des vieilles légendes Européennes, partagent certains traits communs avec les sirènes gréco-romaines : le lien avec la mer, mais aussi la musique, destinée à charmer les marins qui se jetteront à la mer et se noieront.

cg.1216975473.jpg

La Lorelei, la nixe Allemande, agissait ainsi pour faire noyer les marins ou échouer les bateaux. Ce lien avec la mer, et la musique - et aussi sans doute le fait qu’il existait bel et bien un peuple de créatures mi-humaines mi-poissons dans les mythes grecs (les Tritons) - a fini par induire une confusion, et depuis le Moyen-âge, on s’est mit à utiliser le mot Sirène, pour décrire les nixes et autres fées des eaux.
Ce type de figure femme-poisson est notamment très présent en héraldique moyenâgeuse, sur armoiries et blasons, ce qui a fini le processus de glissement du nom Sirène, de la femme-oiseau à la femme-poisson.

dk.1216976806.jpg

Les sirènes sont connues pour l’exactitude de leurs prophéties. En outre, lorsqu’elles sont en colère, elles ont le pouvoir de déclencher des tempêtes. D’autres, dans les mers du nord, simplement en laissant flotter leur poitrine insolente au-dessus des eaux, parviennent à ouvrir les flots du ciel.

f.1216980548.jpg

La beauté aquatique des sirènes - image de la femme nue, s’abandonnant sur une plage de sable dorée d’une quelconque île féérique, et peignant sa longue chevelure, à l’aide d’un peigne d’or.

dr.1217169053.jpg

Leur chant, considéré comme la plus haute expression de l’art, est l’arme de séduction par lequel elle charment les hommes. Mais un simple attouchement, un simple effleurement de leurs écailles ou de leurs cheveux suffit à noyer un homme dans l’amour qu’il nourrira aussitôt pour elle.
Les sirènes, mermaids, nixes… féerie des eaux d’un monde légendaire.

cf.1216974634.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=SL86VA9R3to&feature=related

EnCouvée


« Souviens-toi, l’été dernier », ce sont les paroles de Cédric.
Il croit pas si bien dire!
C’est la cause de ma mélancolie profonde,
une amourette de vacances avec un bel étranger,
qui a laissé des traces...

Condition black

Sur le North Shore, à Hawaii, lorsqu'une tempête exceptionnelle est prévue, les gardes côtes parlent de "condition black". Des vagues gigantesques de plusieurs dizaines de mètres frappent cet archipel qui, d'un coup, paraît minuscule au milieu du Pacifique.
http://www.youtube.com/watch?v=rDYxRpucOQ4&feature=related

Sur la Côte Basque, c'est la combinaison grosse houle (7 mètres) et forts coefficients de marée qui est explosive. Résultat, les vagues déferlent à seulement quelques mètres des promenoirs et des bâtiments (casino municipal, piscine, parking, hôtels)

Souviens-toi l'été dernier. L'été indien s'était attardé jusqu'à début novembre, avec des températures atteignant les 25°C. Des palombes dans le ciel, vent offshore, ciel bleu et plages noires de monde. Souviens-toi ! Le changement a été radical et nous a pris de court.

Biarritz, comme toutes les villes situées sur le littoral,
a pris des mesures de sécurité :
interdiction de s'aventurer dans des endroits exposés (rocher de la Vierge, couloir du Miramar, plateau du phare), aménagement à la hâte de murailles de sable sur la Grand plage. Mais lorsque l'océan est déchaîné, rien ni personne ne peut s'opposer à lui.

On peut même imaginer de nouveaux scénarios catastrophe : un coefficient de marée un peu plus élevé et surtout une houle 2 fois plus importante. Imagine une houle hivernale de 15 mètres combinée à une marée de coefficient 110 !

Le scénario n'est pas si improbable... D'autant qu'avec le réchauffement climatique, le nombre de tempêtes et leur force devrait s'accentuer...

jeudi 19 novembre 2009

Le surfer

bsu.1245573047.jpg

Il faut marcher un peu pour arriver aux vagues. Quelques centaines de mètres dans la dune, en savourant l’odeur de pin maritime qui baigne dans l’air. Il faut aussi savoir entendre ce que le vent murmure à l’oreille. Les voix racontent, le temps s’attarde. Tant de bleu tout autour. Sentir, écouter, ouvrir les yeux, s’imprégner. Fuir... Au large, sur l’horizon bleuté, se dessine l’infini des nuages.
En avançant, le bruit des vagues se fait tout proche. L’océan est le comble du bonheur pour le surfer, la musique est trop douce à son coeur. Quand le bruit est aigu, il sait que ce sera petit. Quand c’est un bruit sourd, grave, son coeur commence à battre en chemin, fait des bonds qui le font frissonner, un bonheur étrange lui donne des défis à lancer à la vague, lui laisse espérer l’impossible. C’est un moment privilégié, avec une saveur à part, connue de lui seul.

Quand il est du coin, il vient pêcher la nuit, il finit par se jeter dans l’eau du petit matin, en attendant la vague la plus forte, celle qui le soulève, le saisit aux reins et l’emporte. Alors, il crie son cri de guerre, quand il shoote une vague. Avec ce curieux désir d’infini qui lui colle à la langue, un truc qui le lie à la mer et l’envoie loin au large. L’Océan l’appelle, le prend tout entier. En surf, quand il passe la barre, il est seul au monde, il coupe avec tout, il est là, il voit filer les bancs de poissons, les dauphins derrière les chaluts, les goélands dans le ciel. Il dérive, entouré d’ombres glauques, il brasse la mer de tout son corps, il glisse, délivré du vertige, le dos tourné au ciel.

Par-delà la dune de sable blanc, la vague verte des pins découpe une image. Tout est paisible, il fait le vide, le cœur lui tourne un peu. Il vient de s’offrir un moment de paix et d'enfer, il est allé à l’eau, il revient, ivre d’écume et de bleu. Cela ressemble à se perdre. C’est ici le berceau incertain des Dieux, le sommeil agité des cieux et des sirènes, loin quelque part au large. Il suffit d’y aller, de partir, de s’y perdre. L’infini est une histoire de surfer, qui reste debout dans l’enfance et cherche à s’évader, baigné d'abîmes.
Il veille sur l'océan et les fonds marins, sentinelle d'un monde qui se donne le temps de mourir un peu plus chaque jour. Le vent lui demande de revenir. Il écoute le bruit du ciel et de la mer, tout cet azur autour de lui qui flotte et qu'il s'en va rejoindre.