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Le bonheur vient de la mer
mercredi 9 décembre 2009
L'Aquitaine dans le futur : vigilence
Il va falloir s'y faire. A l'horizon 2050, le quart Sud-Ouest de la France sera la région la plus touchée par le réchauffement climatique, selon Météo France. Alors que se poursuit la conférence de Copenhague, qui doit se traduire par des engagements fermes des Etats pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, le processus de réchauffement est déjà bien enclenché dans le Sud-Ouest. L'Aquitaine est la région française qui a connu la plus forte augmentation des températures au cours du XXe siècle : le mercure a globalement grimpé de 1,1 °C, soit 30 % de plus que la moyenne nationale.
D'après les scénarios tracés par Météo France pour les prochaines décennies, la tendance devrait se confirmer : « L'augmentation des températures sera comprise entre 1 et 2°C d'ici à 2050 et entre 2,5 et 4°C d'ici à 2080 », relève Didier Grimal, chercheur à l'antenne de Bordeaux. Si de nombreuses incertitudes pèsent encore sur l'évolution du climat, une tendance générale se dégage : « Il faut s'attendre à des étés plus chauds, qui pourront compter 15 à 40 jours de canicule », précise le chercheur. A titre de comparaison, « l'été 2003 [marqué par la canicule] sera un été moyen ». Cet été-là, le thermomètre n'était pas descendu en dessous des 20°C durant plusieurs nuits d'affilée. Et le jour, les températures tournaient autour de 36°C...
A ce régime, y aura-t-il toujours de la neige en hiver ? Réponse de Météo France : « Oui, mais elle risque de ne plus tomber en dessous des 2 000 mètres d'altitude. » Au-delà de l'inconfort que ces évolutions provoqueront, de nombreuses incertitudes pèsent sur l'économie régionale.
Les stations de sports d'hiver des Pyrénées risquent de souffrir fortement du manque de neige. Les événements climatiques extrêmes, comme les tempêtes, devraient également se multiplier. Un facteur aggravant pour l'érosion du littoral, déjà bien visible sur certaines plages médocaines, comme Soulac.
« Le trait de côte va encore reculer et c'est une menace pour les constructions proches du front de mer », admet Rose Marie Schmitt, vice-présidente du conseil régional en charge du développement durable. « Cela commence même à poser problème à certains propriétaires qui essaient de vendre leurs villas mais ne trouvent pas preneur. » Les tempêtes mettent également en péril les activités agricoles. Fin décembre 2008, Klaus n'a pas seulement détruit les deux tiers de la forêt landaise : en Lot-et-Garonne, près de 70 % des serres pour les fraises et les salades et 90 % des séchoirs à tabac ont été ravagés. Sans oublier la quasi-totalité de l'appareil de production avicole « de plein air ». Pour l'heure, la région Aquitaine a lancé des mesures financières de soutien aux filières les plus touchées.
Par le biais de son plan climat, elle s'est quand même engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 10 % d'ici à 2013. Dès l'année prochaine, l'institution prévoit également de travailler à des mesures d'adaptation. Une goutte d'eau, au regard de l'urgence : « Même si on arrêtait maintenant la totalité des émissions de gaz à effet de serre, la température continuerait d'augmenter pendant quelques décennies », relativise Didier Grimal de Météo France.
ex.Cotebasque.net